ÉGAUX — Le wampum à deux rangs, l'héritage ancestral de Philomène et George McKenzie et l'honneur de la Couronne

Philomène McKenzie : mère de clan innue et protectrice du territoire ancestral

Philomène McKenzie, mère de clan innue reconnue et respectée, est une représentante de la tradition ancestrale de la famille de feu Ben Alexandre McKenzie, chasseur, pêcheur et trappeur.

Elle a consacré sa lutte à la protection de son territoire ancestral, de ses traditions, de ses coutumes et des droits de ses descendants.

Elle a défendu la transmission des connaissances ancestrales, la chasse, la pêche, le piégeage et la préservation des richesses naturelles pour les générations futures.

Son engagement repose sur une responsabilité fondamentale : protéger la Terre, respecter toute forme de vie et préserver l'héritage ancestral pour les descendants.

George McKenzie : fils, descendant héritier et défenseur des droits ancestraux

George McKenzie est le fils de Philomène McKenzie et le descendant héritier de cette famille traditionnelle innue.

Il poursuit la lutte de sa mère pour la reconnaissance de leurs droits ancestraux, la protection de leur territoire et la transmission de leur héritage aux générations futures.

George McKenzie revendique également son rôle dans la préservation et la transmission de la tradition du wampum à deux rangs.

Depuis le 30 décembre 1996, Philomène et George McKenzie ont porté leur lutte devant les tribunaux pour faire respecter leurs droits ancestraux et dénoncer l'exploitation de leurs terres sans leur consentement.

Le wampum à deux rangs : le roi, la reine et les peuples autochtones sont ÉGAUX

Le wampum à deux rangs, appelé Guswenta dans la tradition haudenosaunee, représente un engagement ancestral de coexistence pacifique, d'égalité entre les peuples, de respect mutuel et de non-ingérence.

Il est composé de deux rangées parallèles de perles violettes séparées par trois rangées de perles blanches.

Les deux rangées violettes représentent deux peuples avançant côte à côte, chacun dans sa propre embarcation, avec ses lois, ses traditions, ses coutumes, ses responsabilités ancestrales et sa liberté de prendre ses propres décisions.

Dans cette relation, aucun des deux peuples n'est supérieur à l'autre. Ni le roi ni la reine ne dirigent l'embarcation des peuples autochtones. Les peuples sont ÉGAUX dans cette relation de respect mutuel.

Les trois rangées blanches symbolisent la paix, l'amitié et le respect durable des engagements entre les peuples.

Aucun peuple ne doit imposer ses lois, ses traditions ou son mode de vie à l'autre au nom de cet engagement ancestral.

Les lois ancestrales face aux pouvoirs issus de la colonisation

Les peuples autochtones vivaient sur leurs territoires ancestraux bien avant l'arrivée des colonisateurs. Ils possédaient leurs propres lois, traditions, coutumes, responsabilités ancestrales et façons de prendre leurs décisions, transmises de génération en génération.

Aujourd'hui, les institutions du Canada et du Québec appliquent leurs lois et exercent leurs pouvoirs sur les peuples autochtones et leurs territoires, malgré les luttes historiques menées pour préserver leurs droits ancestraux et leur autonomie.

Les représentants de ces institutions ne sont ni le roi ni la reine. Leur fonction, leur assermentation, leur pouvoir politique ou leurs ressources financières ne leur confèrent aucune supériorité ancestrale sur les peuples autochtones.

De quel droit les représentants des institutions issues de la colonisation s'attribuent-ils une autorité supérieure sur les peuples autochtones, leur imposent-ils leurs lois et prennent-ils des décisions concernant leurs territoires malgré leur opposition?

Le pouvoir politique et l'argent ne remplacent ni le respect des traditions ancestrales, ni le consentement, ni les obligations juridiques envers les peuples autochtones.

Les Premières Nations : gardiennes de la Terre et protectrices du vivant

Les Premières Nations, héritières de traditions ancestrales, transmettent de génération en génération leurs responsabilités de gardiennes et protectrices de la Terre et de toute forme de vie.

La chasse, la pêche, le piégeage et la cueillette ne sont pas uniquement des moyens de subsistance. Ils font partie d'un mode de vie ancestral fondé sur le respect du vivant, l'équilibre de la nature et la préservation des ressources pour les générations futures.

Ces pratiques reposent sur des connaissances transmises par les ancêtres et sur le respect des cycles naturels, des animaux, des eaux, des forêts et des territoires.

Cette responsabilité ancestrale s'oppose à la destruction des territoires, des forêts, des eaux et des habitats naturels par une exploitation guidée par le seul appât du gain financier.

Philomène et George McKenzie poursuivent cette lutte pour protéger leur territoire ancestral, préserver les traditions de leurs ancêtres et empêcher que les nouvelles générations soient privées de leurs racines, de leur identité et de leurs responsabilités envers la Terre.

La Terre n'est pas seulement une richesse à exploiter pour l'argent. Elle est la source de toute vie, un héritage à respecter, à protéger et à transmettre aux générations futures.

L'honneur de la Couronne et la responsabilité des autorités

L'honneur de la Couronne exige le respect des obligations constitutionnelles et des engagements applicables envers les peuples autochtones.

Le non-respect de ces obligations soulève une question fondamentale de responsabilité, de dignité et d'honneur de la Couronne.

Depuis le 30 décembre 1996, Philomène et George McKenzie dénoncent l'exercice de pouvoirs sur leur territoire ancestral et l'exploitation de ses richesses naturelles sans leur consentement.

La Cause McKenzie soulève des questions fondamentales :

  • De quel droit le Canada et le Québec exercent-ils leur autorité sur les terres ancestrales revendiquées malgré l'opposition de Philomène et George McKenzie?

  • Qui a autorisé l'exploitation des mines, des forêts, des eaux et des autres richesses naturelles de ces terres?

  • Quel consentement a été obtenu, auprès de qui et à quelle date?

  • Qui a bénéficié financièrement de ces exploitations?

  • Qui assume la responsabilité des atteintes aux droits ancestraux, des dommages au territoire et des préjudices revendiqués?

La Cause McKenzie demande que les fondements des pouvoirs exercés, les autorisations accordées, les bénéficiaires économiques et les responsabilités soient examinés devant la justice.

La transmission des racines ancestrales aux nouvelles générations

Les traditions, les langues, les coutumes et les connaissances ancestrales constituent un héritage vivant transmis de génération en génération.

Les politiques coloniales, dont celles d'assimilation, ont contribué à rompre cette transmission et à éloigner de nombreux descendants de leurs langues, de leurs traditions et de leurs territoires.

Priver les nouvelles générations de leurs racines ancestrales, c'est mettre en péril la transmission de leur identité, de leur histoire et de leurs responsabilités envers la Terre et toute forme de vie.

La lutte de Philomène et George McKenzie vise également à préserver cet héritage afin que les descendants puissent connaître leurs origines, leurs traditions et les responsabilités transmises par leurs ancêtres.

Un héritage ancestral pour toutes les générations futures

La lutte de Philomène et George McKenzie ne se limite pas à une réclamation financière.

Elle concerne le respect des ancêtres, des lois et des traditions autochtones, de l'égalité entre les peuples, de la dignité humaine, de la protection des territoires ancestraux et de toute forme de vie sur Terre.

Philomène et George McKenzie sont les descendants d'une lignée de protecteurs de la Terre, de ses eaux, de ses forêts, de ses animaux et de toutes les formes de vie.

Leur engagement vise à préserver l'équilibre de la nature, à protéger les territoires ancestraux et à transmettre les connaissances et les responsabilités héritées de leurs ancêtres.

Le wampum à deux rangs rappelle un principe fondamental : deux peuples ÉGAUX, deux embarcations distinctes, aucun droit de domination de l'un sur l'autre.

La Terre n'est pas un bien destiné uniquement à enrichir ceux qui l'exploitent. Elle est un héritage vivant dont la protection engage notre responsabilité envers toutes les générations futures.

Respecter les peuples autochtones, leurs traditions ancestrales et leurs territoires, c'est aussi respecter et protéger la vie.

Cause McKenzie — 26 octobre 2026 : dépôt de la demande de remise en état du dossier judiciaire après près de 30 ans de procédures, au palais de justice de Montréal.

La Cause McKenzie

Philomène McKenzie, Mère de Clan innue de la bande traditionnelle de la rivière Mishtashipu (Moisie), défenseure des droits ancestraux et du territoire familial.

Philomène McKenzie — Défendre le territoire, soutenir les familles

Bien avant la judiciarisation de la Cause McKenzie, Philomène McKenzie était engagée dans la défense des territoires ancestraux.

Mère de clan, chasseuse, pêcheuse et trappeuse, Philomène participait aux mobilisations pour protéger son territoire ancestral, mais aussi pour soutenir d’autres familles innues lorsque leurs territoires étaient menacés.

Son engagement s’inscrivait dans une responsabilité transmise par ses ancêtres : protéger le territoire et préserver pour les générations futures le « Titre aborigène de la bande traditionnelle de la rivière Mishtashipu (Moisie) ».

Au début des années 1990, Philomène participe notamment aux mobilisations entourant l’opposition au projet hydroélectrique Sainte-Marguerite-3 (SM-3). À Maliotenam, cette opposition était déjà fortement organisée : la Coalition pour Nitassinan s’opposait au barrage et une barricade a notamment été maintenue en décembre 1992 sous la présence d’observateurs de Peace Brigades International.

Lors d’une de ces mobilisations, Philomène est blessée au cours d’une intervention particulièrement violente. Cet événement marque un tournant dans la manière de poursuivre son combat.

30 décembre 1996 — La défense du territoire se poursuit devant les tribunaux

Le 30 décembre 1996, Philomène McKenzie et son fils George McKenzie portent cette défense devant les tribunaux.

La judiciarisation ne marque donc pas le début de leur combat. Elle constitue la poursuite, par le droit, d’une défense du territoire que Philomène menait déjà sur le terrain et que George a menée à ses côtés.

Au cœur de la Cause McKenzie se trouve la protection du « Titre aborigène de la bande traditionnelle de la rivière Mishtashipu (Moisie) » et des droits revendiqués sur leur territoire ancestral.

Dans leur mémoire du 17 janvier 2003, Philomène McKenzie, mère de clan, chasseuse, pêcheuse et trappeuse, et son fils George McKenzie, chasseur et trappeur, déclarent formellement agir en leur nom et au nom de la famille McKenzie. Ils se présentent comme membres de la Nation innue et descendants directs des Autochtones ayant occupé et possédé de façon continue le territoire revendiqué depuis des temps immémoriaux et, à tout le moins, avant 1603.

Les procédures visent notamment la reconnaissance de leur titre indien, de leurs droits ancestraux ainsi que de leurs droits personnels et usufructuaires. Le territoire est notamment décrit dans le mémoire comme le lot 294 de la Réserve à Castors du Saguenay, d’une superficie approximative de 1 000 milles carrés, au nord-est de Sept-Îles.

Philomène et George McKenzie revendiquent l’autorité, la juridiction et la propriété de leurs terres traditionnelles, leur usage et leur occupation, ainsi que leurs droits de chasse, de piégeage et de pêche et leurs droits relativement aux ressources naturelles.

Ils affirment que ces droits n’ont jamais été cédés par la famille McKenzie ni par leurs ancêtres. Pour Philomène et George, la protection de ce territoire s’inscrit dans une continuité : préserver ce qui leur a été transmis par leurs ancêtres afin de pouvoir le transmettre aux générations futures.

De Philomène à George McKenzie

Philomène et George McKenzie ont porté ensemble la Cause McKenzie dès sa judiciarisation en 1996.

Après le décès de sa mère, George McKenzie n’a jamais cessé de poursuivre le combat qu’il menait à ses côtés, assurant ainsi la continuité de la démarche entreprise avec elle.

De la défense menée sur le territoire à celle poursuivie devant les tribunaux, une même responsabilité traverse les générations : protéger le « Titre aborigène de la bande traditionnelle de la rivière Mishtashipu (Moisie) », préserver l’héritage transmis par les ancêtres et le transmettre aux générations futures.

Le territoire traditionnel de la famille McKenzie

Philomène McKenzie, Mère de Clan innue de la bande traditionnelle de la rivière Mishtashipu (Moisie), défenseure des droits ancestraux et du territoire familial.

Philomène McKenzie, mère de clan, chasseuse, pêcheuse et trappeuse, et son fils George McKenzie, chasseur et trappeur, ont porté ensemble la Cause McKenzie.

Dans leur mémoire du 17 janvier 2003, ils déclarent agir en leur nom et au nom de la famille McKenzie. Ils affirment être des descendants directs des Autochtones ayant occupé et possédé de façon continue le territoire revendiqué « depuis des temps immémoriaux » et, à tout le moins, avant 1603.

Le territoire visé par les procédures entreprises le 30 décembre 1996 est décrit comme le lot 294 de la Réserve à Castors du Saguenay, d’une superficie approximative de 1 000 milles carrés, situé au nord-est de Sept-Îles.

Philomène et George McKenzie y revendiquent notamment la reconnaissance de leur titre et de leurs droits ancestraux, le droit à l’usage et à l’occupation de leurs terres traditionnelles ainsi que des droits liés à la chasse, au piégeage, à la pêche et aux ressources naturelles.

Philomène et George McKenzie affirment également que ces droits n’ont jamais été cédés par la famille McKenzie ni par leurs ancêtres.